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Les Articles - Le Colt 1860 Army
LE COLT 1860 par UBERTI Présentation A mon avis, le plus beau et le plus achevé des revolvers Colt à percussion est le modèle 1860 Army à barillet cannelé. Il fut fabriqué à 4 000 exemplaires. Il est aujourd'hui extrêmement rare et aux USA les modèles d'époque cotent entre 2 000 € et 8 000 € selon l'état. Le modèle 1860 Army, à barillet cannelé ou non, fut le dernier modèle à percussion en calibre 44 fabriqué par Colt avant l'avènement de la cartouche métallique.
La firme Uberti fabrique une réplique parfaite de ce modèle comme on peut le voir sur la photo 1. La réplique est en haut et l'original en bas. La petite dissymétrie des proportions est due à la différence d'angle de prise de vue et a celle des objectifs utilisés. Les deux armes ont bien un canon de 8 pouces. La photo de cet original est tirée du magnifique livre de R. L. Wilson, "The Colt heritage" (éditions Simon & Schuster, photos de Sid Latham), dont il existe une version en français et que je conseille à tout amateur de Colt (je ne touche pas de royalties sur la vente de cet ouvrage).
Cette réplique est disponible en deux finitions. Le bleu "charbon de bois" ("charcoal blue", Uberti dixi) et le bronzage noir brillant classique. La version bleue est la plus belle mais cette finition est relativement fragile et il faut être particulièrement soigneux. Si vous prévoyez d'acheter cette arme pour un usage assez intensif, il est préférable de choisir la version bronzée. Je présente ici la version bleue. Ce revolver est vraiment très bien fini et tout à fait conforme à son modèle d'il y a 150 ans. Les photos illustrant cet article offrent une petite visite guidée.
Photo 2 : les marquages habituels ("Black powder only", calibre, fabriquant), frappés très proprement sous le canon sont cachés par le levier de chargement à crémaillère. Système bien utile lorsqu'il s'agit de forcer les balles dans des chambres encrassées par plusieurs tirs.
Photo 3 : le rayage de l'âme du canon.
Photo 4 : la face arrière du barillet avec les plots entre les chambres permettant de bloquer le chien à l'abattu entre deux chambres, le plot venant s'engager dans l'encoche prévue pour cela sur la face avant du chien.
Photo 5 : le bouclier arrière dont la partie interne gauche (arme vue de face) est évidée pour l'évacuation des amorces percutées et l'encoche dans le chien pour les plots du barillet.
Photo 6 : détail des crans d'armé et de demi-armé.
Photo 7 : on peut adapter une crosse d'épaule sur ce modèle, comme sur l'original (crosse disponible chez Uberti). C'est dans ce but que les boucliers de la carcasse et le dessous du bâti de crosse sont fraisés et qu'il y a deux grosses vis protubérantes de chaque côté.
Photo 8 : le cran de hausse, taillé dans le chien. Tout à fait conforme mais absolument désastreux à l'utilisation. Prendre une visée relève de l'exploit, le guidon (photo 9) étant beaucoup plus large que ce cran minuscule. De rares modèles d'époque étaient équipés d'un cran de hausse fixé sur le canon, juste au-dessus du cône de raccordement. Dommage que ce dispositif n'aie pas été généralisé.
Essais de tir
La poudre utilisée est la PNF1 à raison de 1,80 gramme (pleine charge pour ce type d'arme), mesuré en volumétrique à la poire à poudre, avec la poire qui figure sur la photo 10 et qui est également une réplique de ce qui se faisait alors. Les balles sont des HN rondes de diamètre 0,450" (11,50 mm). Amorces CCI n° 11. Les balles ont été roulées dans la graisse et un cordon de graisse a été appliqué autour des projectiles une fois ceux-ci à poste dans le barillet. Pas de bourre. Distance de tir 25 m sur cible C50.
J'ai tiré quatre barillets d'affilée chargés à six coups, les trois premiers sur appui, le dernier debout, arme tenue à deux mains. La prise de visée est un véritable cauchemar. Le cran de hausse taillé dans le chien n'est ni assez profond, ni assez large pour le guidon. Le départ est franc et d'un poids parfaitement gérable et le fonctionnement mécanique irréprochable. Prise de visée (enfin on essaye), au ras du visuel.
Le premier tir, barillet propre, donne un groupement au point visé dont les deux impacts les plus éloignés ont une distance de centre à centre de 11 cm. S'il était centré, ce groupement tiendrait le 9 de la C50, avec des cordons il est vrai. Ensuite, le groupement monte et se déplace vers la gauche au fur et à mesure que l'arme s'encrasse. Les impacts extrêmes du second barillet sont séparés de 10,5 cm et ceux du troisième barillet de 13,5 cm. Au quatrième barillet, qui sera tiré à bras francs, il faut une poigne très ferme pour enfoncer les balles dans les chambres et les impacts les plus éloignés sont distants d'un peu moins de 16 cm avec un groupement qui revient vers le centre de la cible, ce qui prouve ce que l'on savait déjà, à savoir qu'entre un tir appuyé et un tir à bras francs, le point d'impact diffère. On peut visualiser tout cela sur la photo 11 des cartons jointe à cet article.
Avec une meilleure prise de visée, qui pourrait être obtenue en augmentant un peu la largeur et la profondeur du cran de hausse, et une recherche au niveau du chargement (essais de différentes poudres noires, poids de la charge, bourres) ce revolver doit être capable de performances bien meilleures que celles brièvement exposées ici.
En tout état de cause c'est une bien belle réplique d'un modèle peu courant, témoin de ce qui se faisait de mieux chez Colt il y a un siècle et demi et que l'on peut s'offrir aujourd'hui pour environ 300 €.
JPB Date de création : 21/05/2006 @ 14:25 Réactions à cet article
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