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Les Articles - TAR - Le revolver Nagant 1895

TAR

ARMES DE POING

 

J’ai écrit cet article pour la revue Cibles. Il est paru dans le n° 431 de février 2006. Cependant, la place étant limitée dans le journal, toute la partie historique n’avait pu être prise en compte. Voici donc l’article dans sa version intégrale.

 

Le Tir Sportif aux Armes Réglementaires, discipline récemment lancée par la Fédération Française de Tir, a reçu un accueil favorable de la part des tireurs. Les sélections régionales et le critérium national 2005 ont rassemblé du monde.

 

Ayant participé à ces compétitions avec une arme d'emprunt (un Colt 1911 Government Model, 45 ACP, de 1913, faisant partie d'un lot livré à l'URSS, repassé à l'Ouest et mis en vente il y a quelques années dans une armurerie française), j'ai décidé d'avoir mon propre matériel.

 

Je voulais quelque chose dans l'esprit de cette discipline et si possible original, dans tous les sens du terme. Par question par exemple, d'adopter un CZ75, excellent mais trop actuel.

 

Mon choix idéal eut été un revolver Smith & Wesson ou Colt modèle 1917 en 45 ACP. Je n'en ai pas trouvé en France et les formalités administratives pour en importer un depuis l'étranger m'ont fait reculer, sans parler de l'aspect pécuniaire.

 

Au niveau du disponible non ruineux, il y a le Colt 1911, le Luger P08, le Walther P38, le Browning GP35, le MAC50, …

Mais, dans le catalogue d'une grande armurerie de l'Est de la France, étaient en vente plusieurs revolvers Nagant modèle 1895, fabriqués à l'arsenal de Tula, en ex URSS. Voilà du réglementaire original et historique. Après m'être procuré l'autorisation préfectorale ad hoc, j'ai investi dans le commerce.

 

A la fin du XIXème siècle, l'arme de poing réglementaire dans l'armée impériale russe est le revolver Smith & Wesson n°3 Russian Model en calibre 44 adopté en 1871. Trois modèles de cette arme se succéderont. Sa carrière officielle dura près de 25 ans et un certain nombre d'officiers conservèrent leur S&W après l'adoption du Nagant.

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Emile et Henri-Léon Nagant fondent la "Fabrique d'Armes Emile et Léon Nagant" en 1859, à Liège (Belgique). Ils vont travailler sous licence pour la firme US Remington, pour l'armée belge et exporter dans de nombreux pays des revolvers et des fusils.

 

Désireuse de moderniser son arme de dotation réglementaire, la Russie se tourne vers les frères Nagant. Pourquoi ? Parce que cette firme a déjà travaillé pour eux, en collaboration avec le capitaine Sergei Ivanovich Mosin (qui finira colonel), pour créer le fusil Mosin-Nagant 1891, adopté cette même année comme fusil réglementaire en remplacement du fusil Berdan 1870 monocoup.

 

Le remplaçant du S&W est le revolver Nagant modèle 1895 en calibre 7,62x38R Nagant, témoin historique de toute la première moitié du XXème siècle.

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Le Nagant pile et face

 

J'invite ceux que cet aspect historique intéresse, à me suivre dans cette petite ballade dans le temps, au travers des événements les plus marquants de l'histoire russe de cette période. Les autres peuvent passer directement à la partie technique de l'article (mais ils ont tort).

 

Une remarque à propos des dates :

C'est sous l'égide de Jules César que le calendrier qui porte son nom (Julien) entre en vigueur, le 1er janvier de l'an 708 de la fondation de Rome, soit 45 avant Jésus-Christ selon notre calendrier. Mais l'année définie par le calendrier Julien dépasse l'année solaire de 11 minutes et 14 secondes. Seize siècles plus tard, cette avance cumulée représente dix jours de décalage entre l'année solaire et l'année calendaire.

En 1582, les Espagnols, les Portugais et les Romains abandonnent le calendrier Julien au profit du calendrier Grégorien, instauré par le pape Grégoire XIII et destiné à corriger les défauts du précédent calendrier. Pour eux, le lendemain du 4 octobre 1582 fut le 15 octobre 1582.

La France adopte le calendrier Grégorien le 9 décembre de la même année.

D'autres pays suivent au cours des siècles suivants. La Russie ne fit cette conversion qu'en 1918. Ceci explique que pour les événements antérieurs à cette date, la date russe est décalée par rapport à la date de la plupart des pays européens et que la célèbre révolution d'octobre s'est passée en novembre. La Grèce a attendu 1923 pour s'aligner.

 

 

PARCOURS HISTORIQUE

 

ALEXANDRE III

Notre voyage commence avec Alexandre III qui règne sur la Russie de1881 à 1894. Suite à l'alliance franco-russe du 4 janvier 1894 et au voyage d'Alexandre III à Paris, la Russie devient fort à la mode en France.

A la mort d'Alexandre III, son fils Nicolas II monte sur le trône. Il sera le dernier des Romanov, dynastie née le 21 février 1613, avec l'élection (par l'assemblée des états généraux russes, le Zemsky Sobor) de Michel Romanov, qui régna sous le nom de Michel 1er. Il continue la politique de rapprochement franco-russe initiée par son père.

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Nicolas II

 

En 1895, le revolver Nagant est adopté par l'armée russe. Il est fabriqué en Belgique. En 1899, la licence de fabrication est cédée à la Russie et à partir de cette date, les revolvers Nagant 1895 seront manufacturés à l'arsenal de Tula (Tuljskaja Gubernija) au sud de Moscou, ainsi qu'à l'arsenal d'Izhevsk (à partir de 1943), jusqu'à l'arrêt de la production en 1945.

 

En 1896, un nouveau pont parisien est mis en chantier, dédié à Alexandre III. C'est Nicolas II qui pose la première pierre. Ce pont est inauguré en 1900 à l'occasion de l'exposition universelle.

Le pont Alexandre III relie l'esplanade des Invalides au rond-point des Champs Elysées. C'est toujours l'un des plus beaux ponts de Paris.

Les petits épargnants souscrivent en masse aux emprunts russes et ils tomberont de haut vingt et quelques années plus tard après avoir tout perdu. Qui n'a pas encore aujourd'hui, dans quelque malle au fond du grenier, quelques-uns de ces emprunts, payés en francs or et dont la seule valeur est maintenant historique ou sentimentale.

 

 

LA GUERRE RUSSO-JAPONAISE

Le premier événement d'importance auquel prend part le Nagant est la guerre Russo-japonaise de 1904-1905.

A l'origine de cette guerre, la rivalité entre Nicolas II, Tsar de toutes les Russies, et l'Empereur du Japon Mutsuhito. Tous les deux veulent se tailler un empire colonial en Chine.

Les Russes concluent une alliance avec les Chinois en 1896, juste après la guerre sino-japonaise de 1894-1895 (perdue par la Chine). Au début du XXème siècle, ils occupent la Mandchourie et installent une garnison à Port-Arthur sur la presqu'île de Liao-dong. Cette ville avait été cédée à bail aux russes par les Chinois en 1898.

Les Japonais ne l'entendent pas de cette oreille et attaquent Port-Arthur, sans déclaration de guerre préalable (ils en prendront l'habitude), le 8 février 1904. La ville est encerclée. Elle capitulera le 2 janvier 1905.

En février/mars 1905, les armées russes et japonaises s'affrontent à Mukden (actuelle Shen-yang en Chine). Les Russes sont vaincus et la bataille fait 156 000 morts (85 000 Russes et 71 000 Japonais).

Pendant ce temps, la flotte russe de la Baltique, appelée en renfort, fait route vers l'extrême orient. Après huit mois de voyage, elle est anéantie par l'escadre de l'amiral Togo, les 27 et 28 mai 1905, à la bataille du détroit de Tsushima, bras de mer qui sépare la Corée du Japon.

Le 5 septembre 1905, le Japon et la Russie signent le traité de Portsmouth aux Etats-Unis. La défaite de la Russie et le traité désastreux qu'elle est forcée de signer, annoncent la fin prochaine de la Russie impériale.

 

LA REVOLUTION DE 1905

Cette guerre et la crise économique qui règne, entraînent de nombreux troubles en Russie. Il y a des combats de rue à Moscou et Saint-Pétersbourg, capitale de la Russie à cette époque.

Le 22 janvier 1905 (9 janvier selon le calendrier Julien), c'est le tristement célèbre "dimanche rouge". Ce jour là, 100 000 grévistes manifestent pacifiquement devant le Palais d'Hiver, à Saint-Pétersbourg, pour demander des réformes au Tsar. Celui-ci donne l'ordre à l'armée d'ouvrir le feu sur la foule. Il y a des centaines de morts. C'est le début de la révolution de 1905.

Un des moments fort de cette révolution sera la mutinerie du cuirassé Potemkine, le 27 juin 1905.

En octobre, un "Soviet", un Conseil des députés ouvriers, est créé à Saint-Pétersbourg.

Une milice ouvrière armée est formée qui s'oppose à l'armée russe.

Mais le mouvement s'essouffle et le régime tsariste reprend l'offensive. La répression est sanglante et la révolution de 1905 échoue, en attendant la suivante…

 

GRIGORI RASPOUTINE

Grigori Iefimovitch Raspoutine, moine illettré, est le protégé de la tzarine Alexandra Fedorovna qu'il avait rencontré pour la première fois en 1905. Sa grande influence sur la tzarine ainsi que sa vie de débauche lui font de nombreux ennemis.

En 1914, il conjure le tzar d'éviter la guerre avec l'Allemagne ce qui n'est pas du goût des militaires. Le 1er août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. C'est à cette époque que Saint-Pétersbourg (en réalité Sankt Petersburg, "ville de Saint Pierre" en allemand) russifie son nom et devient Petrograd.

Le tzar parti pour le front, la tzarine est chargée de la régence, assistée de son conseiller, Grigori Raspoutine.

C'est trop pour certains. Le prince Youssoupoff, membre de la famille impériale, et quelques autres dignitaires, décident de supprimer Raspoutine.

Le 16 décembre 1916, Youssoupoff invite Raspoutine à dîner chez lui. Une tentative d'empoisonnement au cyanure ayant échoué, Youssoupoff et deux complices abattent Raspoutine à coups de revolver avant de jeter son corps dans la Neva, le fleuve qui traverse Petrograd.

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Raspoutine

 

LA REVOLUTION DE FEVRIER

En mars 1917 (février selon le calendrier Julien), les restrictions dues à la première guerre mondiale, aggravées par les conditions hivernales, poussent les ouvriers à la grève et aux manifestations. Le 11 mars, l'armée tire sur la foule. Il y a des dizaines de morts.

Le lendemain cependant, soldats et ouvriers fraternisent et créent le Soviet (Conseil) des ouvriers et soldats de Petrograd.

Les députés socialistes de la Douma (l'assemblée), emmenés par Alexandre Kerenski, se rallient au Soviet. Le 15 mars, le Tsar abdique.

Pendant les mois qui suivent ces événements, la Russie vivra sous un régime agité et changeant mais plutôt démocratique. Mais les extrémistes bolcheviques, partisans de Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lenine, n'hésitent pas à employer la violence pour tenter de prendre le pouvoir. Kerenski réprime cette tentative et Lenine est obligé de s'exiler en Finlande en juin 1917.

 

LA REVOLUTION D'OCTOBRE

Lénine est de retour en Russie en octobre 1917 afin de préparer le coup d'état qui va le porter au pouvoir.

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917 (25 au 26 octobre selon le calendrier Julien), les bolcheviques investissent les centres névralgiques de Petrograd. La résistance est faible et il n'y a pas d'effusion de sang.

Lenine prend le pouvoir et met en place sa dictature. La presse est muselée, la Tchéka est créée, la grève interdite, l'assemblée dissoute. Les Russes et quelques autres venaient d'en prendre pour plus de 70 ans, mais ils ne le savaient pas encore.

Le 15 décembre 1917, Lénine signe l'armistice de Brest-Litovsk avec les Allemands et les Autrichiens. Les troupes allemandes ainsi dégagées reportent leur effort sur le front ouest, en France.

 

LA TCHEKA

Ou VCK que l'on prononce Vétchéka pour Vserossiïskaïa Tcherzvytchaïnaïa Kommissia : Commission extraordinaire panrusse pour la répression de la contre-révolution et du sabotage. Elle est créée pour lutter contre tous les opposants au régime : bourgeois, officiers blancs, tsaristes, menchéviks (sociaux-démocrates), SR (socialistes révolutionnaires), anarchistes, … Son siège central, qui restera celui des organisations qui lui succéderont jusqu'en 1991, est dans le bâtiment de la Loubianka, à Moscou. Bâtisse de sombre mémoire dans les caves duquel on pratiquait tortures et exécutions sommaires. En décembre 1917, les effectifs de la Tchéka sont de 100. En 1921, ce chiffre est de 283 000.

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La Loubianka

 

Le 7 février 1922, la Tchéka est dissoute et laisse la place à la GPU (Glavnoïe polititcheskoïe oupravlenie : Direction politique principale). Rappelez-vous, lors de son aventure au pays des Soviets, Tintin a maille à partir avec la Guépéou. La GPU est rattachée au N.K.V.D. (Narodnyï Kommissariat Vnoutrennykh Diel : Commissariat du peuple aux affaires intérieures), qui l'absorbe en 1934.

Le N.K.V.D. est doublé d'un autre commissariat du peuple, le NKGB (Narodnyï kommissariat gosoudarstvennoï bezopastnosti : Commissariat du peuple à la sécurité d'État).

En 1946, le N.K.V.D. est rebaptisé MVD (Ministerstvo Vnutrennikh Del ; Ministère de l'intérieur) et en 1954 le NKGB devient le KGB (Komitet Gosudarstvennoy Bezopasnosti : Comité de sécurité d'État).

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Nagant modèle police/GPU

EKATERINBOURG

C'est dans cette ville située à 1 700 km à l'est de Moscou, que Nicolas II et toute sa famille sont exécutés sur ordre de Lénine le 17 juillet 1918.

 

LA GUERRE CIVILE

Entre 1918 et 1920, la guerre civile russe oppose le nouveau gouvernement révolutionnaire "rouge" à différents groupes nationaux que l'histoire retiendra sous le nom de "blancs". Les deux parties font preuve d'une égale férocité.

Les blancs sont présents sur trois fronts :

     

  • Au sud, l'armée des volontaires russes et des cosaques de la région du Don du général Dénikine.

     

  • Au nord-ouest l'armée de Loudenitch.

     

  • En Sibérie occidentale l'armée de l'amiral Koltchak.

Face à ces forces, l'armée rouge, sous le commandement de Léon Bronstein, aliasTrotsky. Elle compte un million d'hommes à la fin de 1918. Deux ans plus tard, ce chiffre sera de cinq millions.

Moscou devient la capitale de la Russie.

Fin 1920, l'armée rouge a annihilé la coalition blanche.

 

LES MARINS DE CRONSTADT

Cronstadt est une importante base navale de la Baltique, situé sur l'ile de Kotline dans le golfe de Finlande, en face de Petrograd. Le 28 février 1921, les marins, qui avaient soutenu la révolution d'octobre, s'insurgent contre la dictature bolchevique. Un comité révolutionnaire prend le pouvoir.

Trotsky, donne l'ordre à l'armée rouge de donner l'assaut. La ville tombe. La répression est terrible.

 

LA NEP

Suite à cette rébellion, Lenine décide de donner un peu de mou et lance la Nouvelle Politique Economique (NEP en russe) le 12 mars 1921. Ce faisant, il rend un peu de liberté économique aux paysans, commerçants et autres entrepreneurs.

 

Le 30 décembre 1922, la Russie devient l'URSS.

 

Lenine meurt le 21 janvier 1924. Si les quatre siècles de gouvernance des Romanov n'avaient pas été une partie de plaisir pour la Russie, si la répression bolchevique et la contre terreur des armées blanches avaient été sanglantes, le pire était à venir, avec le successeur de Lénine, Iossif Vissarionovitch Djougachvili, dit Staline, littéralement "l'homme d'acier".

 

L'un des effets de la NEP est l'émergence d'une classe moyenne favorable à la démocratie. Le parti communiste soviétique se sent menacé et Staline met fin à la NEP en 1928. L'agriculture est nationalisée. Deux millions de koulaks (paysans aisés) sont déportés dans les goulags.

 

LE TOKAREV

En 1923 les autorités soviétiques se mettent à la recherche d'un pistolet semi-automatique et commencent à conduire des séries de tests. Mais ce n'est qu'en 1930 qu'un pistolet conçu par Tokarev, le TT30 (Tula Tokarev) est adopté. Après quelques modifications, il devient le TT33 en 1933. Il est chambré en 7,62 Tokarev, cartouche dérivée de la 7,63 Mauser.

Le Nagant est toujours fabriqué.

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Tokarev TT33

 

LE PACTE GERMANO-SOVIETIQUE

Le 23 août 1939, les ministres des affaires étrangères allemand et soviétique, Joachim Von Ribbentrop et Vyacheslav Molotov, signent un pacte de non-agression d'une durée de dix ans entre leurs pays respectifs.

Immédiatement après, l'Allemagne envahit la Pologne, déclenchant la seconde guerre mondiale, pendant que l'URSS attaque la Finlande.

 

Le 22 juin 1941, c'est l'opération Barbarossa. La wehrmacht envahi l'URSS.

 

On connaît la suite.

 

J'espère que cette courte incursion dans l'histoire de la Russie vous a intéressé et qu'elle vous a donné envie d'approfondir le sujet. On ne comprend bien le présent qu'à la lumière du passé.

 

 

PARCOURS TECHNIQUE

 

 

FONCTIONNEMENT

Le Nagant est un revolver à barillet fixe, à 7 coups, ce qui est inhabituel à son époque, chargement par portière latérale, l'extraction/éjection se faisant à l'aide d'une tige ne comportant pas de ressort de rappel.

 

Dans l'armée tsariste, les revolvers confiés à la troupe ne fonctionnaient qu'en simple action. Seuls ceux des officiers étaient équipés d'un mécanisme à double action. Après la révolution, tous les revolvers finirent par être fabriqués en double action et les revolvers simple action existant ont été progressivement transformés.

 

Le Nagant est le seul revolver (avec le Pieper qui l'a précédé) a éviter toute déperdition de gaz à l'entrefer barillet/canon.

 

L'avant du barillet est fraisé de manière a recouvrir l'arrière du canon. L'étui, dans lequel la balle est entièrement enfoncée, fait la longueur du barillet et fait office de joint d'étanchéité (voir ci-dessous les photos du barillet approvisionné avec des cartouches à balles demi-blindées et des wadcutters).

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A l'armement du chien, en simple comme en double action, le barillet commence par tourner. Après un 1/7 de tour, la rotation est stoppée et il avance jusqu'à ce que l'avant du barillet vienne s'encastrer à l'arrière du canon. Le premier millimètre et quelque de l'étui pénètre dans le canon, faisant joint d'étanchéité au départ du coup. Pour permettre ce mouvement d'avancement, le barillet est monté sur un manchon à ressort. Conséquence de cette disposition, l'alignement chambre/canon est totalement assuré. S'il y a un problème d'alignement, on ne peut pas armer le chien.

Dans le même temps, pour compenser l'augmentation de la feuillure entre le culot de la cartouche et le bouclier arrière de la carcasse, une pièce, sorte de culasse, avance contre le culot de l'étui. Avec des bourrelets d'étui correctement dimensionnés, la feuillure est optimale au départ du coup. Ce revolver fonctionne au tir comme une arme monocoup et l'encrassement est nul.

C'est l'épaisseur de la "culasse" qui justifie la longueur du percuteur, nécessaire pour atteindre l'amorce.

Cette cinématique relativement compliquée est mise en œuvre avec un nombre restreint d'éléments mécaniques. La platine comporte 8 pièces principales plus deux ressorts, une goupille et une vis.

 

Par rapport à un système classique, le gain de vitesse à la bouche est d'environ 30 m/s. Cette affirmation n'est pas gratuite. J'ai fait des essais comparatifs au chronographe avec des étuis à la bonne longueur et des étuis trop courts pour assurer l'étanchéité. En tirant dans l'obscurité, on se rend compte de visu que l'étanchéité est parfaite. Il n'y a qu'une flamme de bouche. Pas la moindre étincelle ne s'échappe de la jonction barillet/canon. Cette disposition fait aussi du Nagant le seul revolver pouvant être utilisé efficacement avec un silencieux et les Russes ont utilisé cette possibilité avec le silencieux Bramit, du nom de ses inventeurs, les frères Mitin (BRAtya MITiny). Le silencieux était fixé sur l'arme par un système à baïonnette se verrouillant sur le guidon.

 

Le canon comporte quatre rayures droitières. Les chambres ont un profil conique prononcé. Leur finition poli glacé est impeccable. Ils savaient bosser à Tula en 1930.

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Un des inconvénients majeur du Nagant est le poids qu'il faut appliquer sur la détente pour faire partir le coup. Sur mon exemplaire, il est de 4,2 kg en simple action. Je n'ai pas mesuré le départ en double action, mais il est naturellement bien au-dessus de cette valeur.

Une astuce, décrite dans plusieurs ouvrages parlant du Nagant, consiste à alléger le poids de départ en insérant une entretoise (un écrou à 6 pans par exemple) entre la branche inférieure du grand ressort en V (qui est le ressort de détente) et la carcasse. Le départ est allégé mais la détente ne revient plus. Il faut la ramener manuellement. Et la double action ne fonctionne plus.

A la place de l'entretoise, j'ai mis quelques spires d'un ressort à boudin puissant, maintenu en place par une plaquette métallique prenant appui sur le logement de l'axe de pontet (voir photo D1 plus loin). Ce ressort doit être suffisamment puissant pour soulager la branche inférieure du grand ressort en V lorsque le chien est armé et son positionnement doit permettre le fonctionnement normal du mécanisme (retour de la détente et double action). Après cette opération, le départ est descendu à 3,6 kg. C'est encore un peu lourd mais tout à fait utilisable, le départ étant très net par ailleurs.

 

Le cran de hausse est taillé dans le haut de la carcasse et le guidon est dérivable sur queue d'aronde. L'image de visée est exploitable.

 

MARQUAGES

Remarque : l'arsenal de Tula a utilisé des marquages différents au cours de la production du Nagant. Les marquages décrits ici sont ceux d'une arme correspondant à une tranche de production spécifique. Ils sont différents de ceux que l'on peut trouver sur des lots fabriqués antérieurement ou postérieurement.

 

Le numéro de série est frappé sur la face gauche de la carcasse, sur la face avant du barillet (un numéro entre chaque sortie de chambre) et à l'intérieur de la plaque de recouvrement du mécanisme. Toujours sur la face gauche, au-dessus de la plaquette de crosse, on trouve une des marques utilisées par Tula : une étoile à cinq branches contenant une flèche pointe en haut. Ce marquage a été utilisé de 1928 à 1943. La date de fabrication figure sous l'étoile. Sur la photo, on peut voir une petite étoile sur le chien. C'est aussi une des marques utilisées par Tula. Cette étoile figure sur toutes les pièces.

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Un des marquages de Tula

 

Un des autres des marquages de pièces utilisé à Tula est un petit marteau qui ressemble à la lettre "T". Le mentonnet de double action du chien est la seule pièce qui est frappée ainsi (voir photo D1 plus loin). Le marquage du type petit marteau a été utilisé à Tula avant 1928. A partir de 1928, c'est l'étoile à cinq branches qui est utilisée. Cette arme de 1930 aurait donc un mentonnet fabriqué au moins deux ans plus tôt. Utilisation de pièces de stock ? La question est ouverte et le restera.

Sur la partie droite de la carcasse, au-dessus de la branche avant du pontet, on trouve le poinçon d'épreuve russe (un "K" entouré d'un cercle) et celui de l'inspecteur du gouvernement.

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En plus des marquages russes, cette arme comporte les 2 poinçons d'épreuve allemands du banc d'épreuve de Munich (poinçon en vigueur depuis 1968), et le marquage du calibre en clair sous le canon et sur la face arrière du barillet.

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DEMONTAGE

Le Nagant se démonte intégralement avec un simple tournevis.

 

Avant toute chose, vérifier que l'arme est déchargée.

 

La tige d'extraction/éjection est solidaire d'un manchon pivotant autour du tonnerre du canon.

Tourner la tige d'extraction/éjection dans le sens anti-horaire, arme vue de face et la tirer vers l'avant. Faire pivoter le manchon vers la gauche, arme vue de face. Il y a des repères sur le manchon et la carcasse correspondant aux deux positions, ouvert/fermé. Cette position ouverte de la baguette permet d'extraire les étuis vides du barillet.

 

Retirer l'axe du canon en le tirant vers l'avant.

 

Ouvrir la portière de chargement et retirer le barillet par la droite. On peut démonter le manchon central du barillet et son ressort. Tourner le manchon de façon à ce que son ergot de retenue s'aligne avec la rainure permettant son passage. L'emplacement de l'ergot est repéré sur la face avant du manchon par une encoche (voir photo ci-après).

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Dévisser la grosse vis se trouvant au-dessus de la plaquette de crosse droite. La plaque de recouvrement de gauche, sur laquelle est vissée l'autre plaquette, est libérée. La soulever pour faire apparaître le mécanisme. Si la plaque est récalcitrante, replacer la vis en la vissant de quelques tours et lui donner quelques légers coups secs avec un petit maillet à tête nylon. La plaque devrait se décoller de la carcasse.

 

DEMONTAGE DU MECANISME (série de photos numérotées D1 à D4 plus loin) :

Armer le chien. Sous la partie arrière du chien, au-dessus du grand ressort, il y a un trou borgne taraudé. Y visser la vis que vous venez de démonter.

 

Presser la détente et désarmer le chien. Le grand ressort est maintenu par la vis. En gardant la détente pressée à mi course, il est maintenant possible de dégager le chien de son axe. Il peut être nécessaire de lui imprimer quelques mouvements de va et vient si l'ajustage est serré.

 

Relâcher la détente une fois le chien démonté. Le grand ressort est maintenu d'un côté par la vis de démontage et de l'autre par le pontet. Retirer le doigt élévateur d'avancement du barillet en le tirant vers l'arrière pour le dégager de la carcasse, puis en le soulevant pour le sortir de la détente. Retirer la détente.

 

Tenir l'arme dans la paume de la main en maintenant le pontet. Desserrer la vis de pontet, au-dessus de la branche avant. Il suffit de desserrer la vis de moitié pour que le pontet puisse pivoter vers le bas sur son axe. Une fois la vis suffisamment desserrée, le pontet pivotera tout seul sous la pression du ressort. Retirer le pontet de son axe. Retirer le grand ressort. S'il ne sort pas facilement, retirer la vis du trou borgne pour pouvoir imprimer à son axe un mouvement de va et vient.

 

Retirer le bloc coulissant en le faisant glisser vers le bas et la culasse en la faisant pivoter vers l'arrière et en la soulevant de son axe. Le bloc coulissant se déplace dans une rainure fraisée dans la carcasse. Son rôle est de supporter la culasse au départ du coup.

 

En profiter pour démonter les plaquettes pour voir s'il n'y a pas de rouille dessous. Cela peut arriver. Et un petit nettoyage/huilage n'est jamais inutile.

 

La portière de chargement et son ressort se démontent en dévissant leurs vis de maintient respectives. Idem pour la tige d'extraction/éjection.

 

Remontage en sens inverse.

Ne pas oublier de remonter le bloc coulissant et la culasse. Utiliser un Nagant sans ces pièces provoquerait un accident à cause d'un très gros excès de feuillure (culot de la cartouche sans support).

 

En replaçant la détente, bien positionner la petite queue à l'arrière dans le logement de la branche inférieure du bloc coulissant (photo D4 plus loin).

 

Une fois toutes les pièces en place, armer le chien avant de retirer la vis de démontage.

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Nomenclature des pièces (voir éclaté) :

  1. Canon.
  2. Barillet.
  3. Axe de barillet.
  4. Manchon d'axe de barillet.
  5. Ressort du manchon.
  6. Mentonnet de double action.
  7. Vis de mentonnet.
  8. Ressort de mentonnet.
  9. Tige d'extraction.
  10. Manchon de la tige.
  11. Verrou du ressort de tige.
  12. Vis de la tige.
  13. Percuteur.
  14. Axe du percuteur.
  15. Carcasse.
  16. Plaquettes.
  17. Vis d'insert de crosse.

21 Vis de plaquette.

22 Chien.

23 Bloc coulissant.

24 Axe de chien.

25 Doigt d'avancement du barillet.

26 Anneau de crosse.

27 Axe de l'anneau de crosse.

28 Goupille de l'axe d'anneau de crosse.

29 Portière de chargement.

30 Vis de portière.

31 Ressort de portière.

32 Vis de ressort de portière.

33 Grand ressort.

34 Culasse.

36 Plaque de recouvrement.

37 Vis de plaque de recouvrement.

38 Guidon.

39 Détente.

40 Pontet.

42 Vis de pontet.

N95eclate.jpg

MUNITIONS

La cartouche de 7,62x38R Nagant est très particulière. Pour les raisons mentionnées précédemment, l'étui est aussi long que le barillet et la balle est entièrement enfoncée dans l'étui.

La munition d'origine propulse une balle de 93 grains à environ 330 m/s.

Les seules cartouches manufacturées disponibles actuellement sont fabriquées par Fiocchi. Le rechargement est anémique (ils ne prennent pas de risques). La balle de calibre 30 de 93 grains utilisée sort à 180 m/s.

Le calibre nominal est 7,62 mm. On peut supposer que cette dimension est celle prise au plat des rayures ce qui en fait un calibre 30 (.308"). Dans la littérature, les avis sont partagés quant au calibre réel. Certains disent que c'est un 30, d'autres un 32. J'ai fait un moulage du canon et des chambres avec du Cerrosafe®, produit à base de bismuth qui fond entre 70° et 90° Celsius. Ce produit a un léger retrait lors de la première demi-heure de refroidissement, ce qui permet de le sortir aisément du canon ou de la chambre. Ensuite, il reprend un peu de volume. Une heure après l'opération, il est exactement aux cotes de la cavité mesurée. Après 200 heures son expansion est d'environ 0,06 mm. On trouve ce produit chez Brownells aux USA. Ils ont un site Internet.

L'empreinte du canon donne 0,314 pouces à fond de rayures. C'est un 32. La sortie de chambre correspond puisqu'elle est dimensionnée pour accepter une balle de 32 plus les parois de l'étui.

 

Le Nagant est réputé pour être une arme précise. C'est le cas. En tir sur appui, avec un rechargement adéquat, les 7 balles du barillet tiennent largement et régulièrement à l'intérieur du 9, voire du 10 de la C50 à 25 mètres (voir photo plus loin) selon les rechargements. N'oublions pas que le modèle servant aux essais est une production militaire de masse. Ce n'est pas pour rien si des revolvers de compétition basés sur le système Nagant, comme le TOZ 36, ou même des Nagant modifiés, ont été utilisés dans les ex pays dits de l'Est par les équipes officielles de tir.

N95match.jpg

Deux Nagant modifiés compétition.

 N95cible1A.jpg

Il est possible de tirer de la 32 S&W Long dans le Nagant mais, d'une part, les étuis gonflent, voire se fendent, et d'autre part, cela encrasse terriblement l'arme.

Je ne conseillerais pas non plus d'utiliser de la 32 H&R Magnum, dont la pression nominale est un peu plus forte que celle de la 7,62 Nagant et dont les étuis gonflent comme la 32 Long.

Ces deux options sont à oublier.

 

RECHARGEMENT

Il faut un jeu d'outils en 7,62 Nagant. Le mien est un RCBS et le support de douille est le n°1, comme pour le 32-20 WCF. Actuellement, ce jeu d'outils n'est plus au catalogue standard chez RCBS. Il faut le commander à la custom shop. Idem chez Lee. Pas spécialement bon marché mais il faut savoir ce que l'on veut. Sur des forums étasuniens, certains disent utiliser un jeu d'outils de 30 US M1 en lieu et place. A étudier, mais je n'ai pas essayé.

 

Le jeu d'outils de 7,62 Nagant comporte trois outils :

     

  1. Un recalibreur externe avec aiguille de désamorçage.

     

  2. Un recalibreur interne. Sur le jeu RCBS la tige de recalibrage interne est en calibre 30.

     

  3. Un positionneur/sertisseur de balle. Le profil interne est conique comme le recalibreur externe et la chambre. Le sertissage n'est pas un sertissage conventionnel. Cet outil est plutôt un recalibreur qui redonne à l'étui son profil conique après évasement et positionnement de la balle. On ne peut pas positionner le projectile et le "sertir" en même temps. L'étui, recalibré intérieurement et évasé pour faciliter l'introduction de la balle, ne peut entrer dans l'outil que sur environ 1/3, voire la moitié de la longueur de celui-ci. L'outil sera réglé de cette façon pour positionner le projectile. Le sertissage se fera ensuite, poussoir de balle démonté.

 

Mis à part Fiocchi, qui ne vend que des cartouches et pas de douilles seules, aucun véritable étui à la bonne cote n'est disponible dans le commerce. Il y a des étuis US de marque Graf (fabriqués au Mexique) qui sont vendus comme étant du 7,62 Nagant, mais ils sont trop courts pour assurer l'étanchéité. Ils sont également un peu forts en diamètre au-dessus du culot et il faut retirer un peu de matière pour avoir un chambrage impeccable. Utilisables donc mais à ces détails près.

On peut également reformer des étuis de 32-20 Winchester. Une passe de recalibreur intégral suffit mais il faut quelquefois retoucher les bourrelets qui sont trop épais.

Autre solution mais toujours sans avoir l'étanchéité prévue par les concepteurs.

 

Reste la fabrication de vrais étuis Nagant à partir du 357 Maximum (ou du 5,6x50 R Magnum qu'il faut couper au ras de l'épaulement) seuls étuis utilisables. C'est assez compliqué mais le résultat en vaut la peine.

N95357SM.jpg

N9556x50rmagnum.jpg

Dimensions de l'étui Nagant prises sur une cartouche commerciale :

Bourrelet :

     

  • diamètre : 9,70 mm.

     

  • épaisseur : 1,20 mm.

Diamètre de l'étui au culot : 9,07 mm.

Diamètre de l'étui à mi-hauteur : 8,51 mm.

Diamètre de l'étui au collet (étui non serti) : 8,55 mm.

Longueur de l'étui : 38,5 mm.

 

Détail des opérations :

     

  • Recalibrer les étuis de 357 Maximum (appelé également Super Mag) ou de 5,6x50R avec le recalibreur intégral Nagant. Attention : il faut une presse relativement puissante et quatre passes successives, quart d'étui par quart d'étui, sont nécessaires pour recalibrer toute la douille. Inutile de dire qu'il faut lubrifier, mais juste ce qu'il faut pour ne pas provoquer d'enfoncements dans l'étui par accumulation de graisse.
  • Sur un tour à métaux :
    - réduire le diamètre du culot de l'étui (la partie pleine juste au-dessus du bourrelet).
    - réduire le diamètre du bourrelet à 9,9 mm. C'est un peu plus fort que le diamètre de l'étui Fiocchi, mais cela passe dans le barillet et permet une meilleure accroche du support de douille. Sur la photo du barillet approvisionné, on voit que le bourrelet est au ras du rochet.
    - réduire l'épaisseur du bourrelet à 1,20 mm. L'épaisseur d'un bourrelet se réduit toujours par le dessus, jamais du côté de l'amorçage. Cela réduirait la profondeur du puits d'amorce qui ne pourrait plus être correctement enfoncée.
    - réduire légèrement le corps d'étui avec une lime douce, en lui donnant une légère conicité. Si vous voulez une finition soignée, utilisez du papier à l'eau très fin pour terminer. Le barillet sert de jauge. Une fois évaluée la quantité à retirer, l'habitude vient et cela va assez vite.- réduire le diamètre du culot de l'étui (la partie pleine juste au-dessus du bourrelet).- réduire le diamètre du bourrelet à 9,9 mm. C'est un peu plus fort que le diamètre de l'étui Fiocchi, mais cela passe dans le barillet et permet une meilleure accroche du support de douille. Sur la photo du barillet approvisionné, on voit que le bourrelet est au ras du rochet.- réduire l'épaisseur du bourrelet à 1,20 mm. L'épaisseur d'un bourrelet se réduit toujours par le dessus, jamais du côté de l'amorçage. Cela réduirait la profondeur du puits d'amorce qui ne pourrait plus être correctement enfoncée.- réduire légèrement le corps d'étui avec une lime douce, en lui donnant une légère conicité. Si vous voulez une finition soignée, utilisez du papier à l'eau très fin pour terminer. Le barillet sert de jauge. Une fois évaluée la quantité à retirer, l'habitude vient et cela va assez vite.

     

  • Couper l'étui à 38 mm de longueur.

 

A l'issue de la transformation j'ai scié un étui dans le sens de la longueur pour vérifier que les parois ont gardé une épaisseur suffisante. C'est le cas.

 

Les étapes de la transformation figurent sur la photo "FORMAGE DE L'ETUI" :

     

  1. Etui de 357 Maximum.

     

  2. Première passe de recalibreur (1/4 de l'étui).

     

  3. Seconde passe de recalibreur (moitié de l'étui).

     

  4. Troisième passe de recalibreur (3/4 de l'étui).

     

  5. Quatrième passe de recalibreur. Le recalibreur est arrivé en butée sur la partie pleine du culot de l'étui.

     

  6. Le bourrelet et la base de l'étui ont été réduits au tour.

     

  7. Etui terminé après réduction du corps d'étui comme décrit précédemment et mise à longueur

     

  8. Etui endommagé à la quatrième passe de recalibrage à cause d'un surplus de graisse.

N95formage.jpg

Rechargement des étuis créés à partir du 357 Max ou du 5,6x50R :

Ces étuis permettent d'utiliser des balles de calibre 32 (.314") qui est le diamètre adapté à l'arme. Ils sont suffisamment rigides pour accepter le recalibrage interne en 32 sans se déformer.

 

Outils nécessaires :

     

  • Un jeu d'outils 7,62 Nagant.

     

  • Un jeu d'outils 32 S&W Long avec poussoir de balle wadcutter.

 

Procédure :

     

  • Recalibrage externe intégral avec l'outil Nagant.

     

  • Recalibrage interne avec le recalibreur Nagant en .308".

     

  • Vérification de la longueur de l'étui et raccourcissement éventuel à 38 mm.

     

  • Recalibrage interne et évasement du collet avec le recalibreur S&W.

     

  • Amorçage.

     

  • Chargement de la poudre.

     

  • Placement et enfoncement de la balle avec l'outil S&W.

     

  • Sertissage avec l'outil Nagant.

 

Balles utilisables :

     

  • Balles de tous profils entre 85 et 100 grains, blindées, demi-blindées, plomb.

 

Les cartouches obtenues donnent satisfaction, avec une précision qui tient le 9 de la C50 à 25m, voire le 10 avec certaines combinaisons de rechargement.

 

Rechargement des étuis Fiocchi :

Ces étuis sont très fins et très mous. Ils ne supportent pas d'être recalibrés intérieurement en 32. Ils se déforment de manière asymétrique.

Il faut utiliser des balles de calibre 30 (.308"). Mais si l'on se contente du recalibrage intégral avec l'outil Nagant, l'étui étant conique et fin, la balle force au passage des lèvres du collet mais ensuite tombe au fond de l'étui. Il faut faire au préalable un recalibrage externe supplémentaire du collet avec un outil recalibreur classique cylindrique.

 

Outils nécessaires :

     

  • Un jeu d'outils 7,62 Nagant.

     

  • Un jeu d'outils de 30-20 (utilisé en silhouette, c'est un 32-20 WCF rétreint à .308"), ou tout autre jeu de calibre 30 dont la longueur et le profil permettent de recalibrer le collet de l'étui Nagant sur une longueur de balle. Mais en pratique, il n'y en a pas, mis à part peut être le 300 Whisper, qui cependant ne permet pas de recalibrer le collet sur toute une longueur de balle. Reste la possibilité de faire fabriquer un recalibreur de collet à la cote, ce qui ne doit pas poser de problème à un tourneur.

 

Procédure :

     

  • Recalibrage externe intégral avec l'outil Nagant.

     

  • Recalibrage externe du collet avec l'outil de 30-20.

     

  • Recalibrage interne et évasement du collet avec le recalibreur Nagant en .308".

     

  • Vérification de la longueur de l'étui et raccourcissement éventuel à 38 mm.

     

  • Amorçage.

     

  • Chargement de la poudre.

     

  • Placement et enfoncement de la balle avec l'outil Nagant, vissé sur la presse de façon à ce qu'il touche simplement les bords des lèvres évasées du collet, comme expliqué précédemment.

     

  • Sertissage avec l'outil Nagant.

 

Balles utilisables :

     

  • Balles de tous profils de 100 et 110 grains, blindées, demi-blindées, plomb.

 

Au tir, le résultat est décevant. Le groupement tient au mieux le noir de la C50 à 25 m. C'est moins bon que la cartouche manufacturée Fiocchi qui tient le 9, mais sans plus.

 

En se basant sur les tables des fabricants, on peut en déduire que les poudres utilisables sont :

Vectan

     

  • BA10.

     

  • As.

     

  • A1.

     

  • A0.

     

  • BA9.

 

Vihtavuori

     

  • N310.

     

  • N320.

     

  • N330.

 

Aucune donnée n'est disponible quant au rechargement. Il faut donc extrapoler prudemment à partir de cartouches similaires comme le 32 S&W Long. Les charges du 32 S&W Long peuvent servir de base avec les précautions d'usage, à savoir démarrer légèrement en dessous des charges minimales indiquées et augmenter la charge lentement pas essais successifs, avec l'aide d'un chronographe et en surveillant les signes extérieurs de pression. Les pressions d'utilisation, poids de balle, diamètres de balle et volumes disponibles pour la poudre du 32 Long et du 7,62 Nagant sont proches.

Garder à l'esprit que les étuis obtenus à partir du 357 Maximum ou du 5,6x50R sont plus épais que les étuis d'origine, ce qui implique une capacité interne inférieure et des pressions plus fortes à charge égale.

 

Dans la revue, je donnais l’avertissement suivant.

Avertissement : les données qui suivent sont données à titre informatif. Les essais ont été effectués avec des combinaisons arme/composants/conditions environnementales spécifiques. Des combinaisons qui seront par définition différentes, pourront ne pas donner les mêmes résultats. Les charges mentionnées ont été approchées avec prudence, en commençant avec des valeurs beaucoup plus basses, ce qui est la procédure à suivre lorsque l'on pratique le rechargement. L'auteur et le site ne peuvent être tenus pour responsables de l'utilisation de ces informations, ni d'éventuelles erreurs typographiques.

Il faut également savoir que de très faibles charges de BA9 peuvent provoquer des surpressions et ce, quelle que soit la munition.

J’ai choisi de ne pas reproduire les données de rechargement chiffrées sur le site. Vous pouvez les retrouver dans Cibles n° 431 de février 2006.

 

Photo de munitions, de gauche à droite :

     

  • Cartouche manufacturée de match chinoise (fabriquée pour le compte des Russes), balle wadcutter, très enfoncée dans l'étui.

     

  • Cartouche manufacturée Fiocchi, balle de 93 grains blindée, calibre .308".

     

  • Cartouche rechargée, étui Fiocchi, balle Hornady 100 grs SJ, calibre .308".

     

  • Cartouche rechargée, étui Fiocchi, balle Hornady 110 grs blindée, calibre .308".

     

  • Cartouche rechargée, étui base 357 Maxi, balle Sierra 90 grs ½ blindée pointe creuse, calibre .312".

     

  • Cartouche rechargée, étui base 357 Maxi, balle Hornady 100 grs XTP ½ blindée pointe creuse, calibre .312".

     

  • Cartouche rechargée, étui base 357 Maxi, balle Balleurope 95 grs wadcutter base creuse, plomb, calibre .314".

N95cartouches.jpg

N95etui.jpg

Avec l'étui réglementaire, sa baguette et les 2 types de dragonne

 

Pour terminer, quelques images d'un manuel d'instruction récupérées sur Internet et montrant l'utilisation du Nagant à cheval et avec la dragonne.

N95cavaliers.jpg

JPB


Date de création : 20/05/2006 @ 22:03
Dernière modification : 16/12/2007 @ 02:11
Catégorie : Les Articles
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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par JLV le 18/04/2009 @ 19:52

Superbe article ultra complet.               0

Félicitations                   o


Réaction n°1 

par sammy13 le 11/04/2009 @ 17:31

Bonjour

article au top ; merci pour vos infos

moi , j'ai opté pour le Mod 17

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