DE L'UTILISATION DE L'IRIS
Si vous n'utilisez pas encore d'iris je ne puis que vous encourager à le faire, surtout si vous utilisez un verre correcteur et/ou si vous avez dépassé la quarantaine. En effet, certains verres correcteurs (pour l'hypermétropie par exemple) et le fait de dépasser la quarantaine ont une conséquence commune : diminuer la profondeur de champ de votre vision.
La profondeur de champ est la distance située entre un objet sur lequel votre œil est accommodé et un autre objet plus lointain, ou plus proche, que vous distinguez encore de manière satisfaisante. Lorsque l'on est jeune et doté de bons yeux, on peut très bien accommoder sur le guidon et encore distinguer de manière satisfaisante le bélier à 200 mètres. Avec l'âge cela sa gâte. Une lentille correctrice peut également altérer la profondeur de champ (cela dépend du type de correction) quel que soit l'âge.
Lorsque la profondeur de champ diminue, que cela soit dû à l'âge ou à une déficience oculaire, et que rien n'est fait pour améliorer cet état de fait, il ne faut pas s'attendre à faire des performances. L'œil va se fatiguer en d'incessants aller et retour entre le guidon et la cible, des distorsions vont apparaître, le flou du guidon et de la silhouette va être variable. La correction, qui se fera à l'aide d'une lentille, d'un iris, ou de la combinaison des deux, doit donner la priorité à la netteté du guidon. Le jeu consiste alors à aligner un guidon net sur une cible uniformément floue. Psychologiquement c'est dérangeant et c'est pourquoi on a tendance à partir en cible. Mais pratiquement, si l'on maîtrise ce facteur psychologique, le tir se fait avec la même précision que du temps où la correction n'était pas nécessaire.
L'iris augmente la profondeur de champ de l'œil, exactement comme cela se passe pour un appareil photographique. Rien n'étant gratuit, l'iris absorbe de la lumière. Ce peut être un inconvénient par temps vraiment sombre mais sinon, l'iris servira également à gérer la lumière arrivant à l'œil, assisté ou non d'un filtre gris neutre. La gestion optimum de l'iris et de son éventuel filtre demande un peu de pratique, mais une fois cette pratique acquise, il est possible d'affronter toutes les situations de lumière qui peuvent se présenter.
Il a été dit que l'utilisation de l'iris peut poser problème. C'est peut être vrai en cas d'utilisation intensive, si l'on s'entraîne très longuement et très souvent. Passer plusieurs heures par jour avec un iris fermé à bloc sur l'œil n'est pas conseillé. Pour une utilisation normale, correspondant à la pratique habituelle de la plupart d'entre nous, l a question ne se pose pas.
L'utilisation d'un iris doit se faire de pair avec celle d'un accessoire indispensable : le centreur.

Explication : le but de l'iris est de fournir une visée au travers d'un trou parfaitement circulaire dont le centre coïncide avec l'axe visuel. Si tel n'est pas le cas, l'image sera altérée sans que l'utilisateur en soit toujours conscient. Si le décalage des axes est faible, ou si le trou apparent n'est plus rond mais elliptique, l'utilisateur ne verra rien mais les résultats s'en ressentiront.
Le centreur est un petit entonnoir de plastique qui permet de centrer, comme son nom l'indique, l'iris par rapport à l'œil. On met les lunettes de tir, on place le centreur sur le porte iris, et on règle de façon à voir au travers d'un trou bien rond avant de resserrer le tout.
N'oubliez pas de vérifier la bonne position de l'iris avant chaque match. Une paire de lunettes peut se dérégler lors des transports et manipulations diverses.
JPB